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Ingénierie

Comment nous distinguons le vrai Claude d'une contrefaçon

Un Claude bon marché, c'est souvent un autre modèle qui porte le nom de Claude. Pourquoi interroger le modèle ne prouve rien, pourquoi sa date limite de connaissances n'est qu'une supposition, et quelles vérifications démasquent vraiment une contrefaçon.

·5 min de lecture·Par L'équipe UnoRouter
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Claude est l'un des modèles les plus demandés, et l'un des plus chers. Cet écart a fait naître un marché de revendeurs qui proposent « le même Claude » pour une fraction du prix. Certains vendent vraiment Claude. Beaucoup ne le font pas : ils répondent avec un modèle moins cher et y collent le nom de Claude.

Cet article explique, sans jargon, comment nous vérifions ce que vous obtenez réellement, et pourquoi les tests que la plupart des gens essaient ne fonctionnent pas.

Interroger le modèle ne sert à rien

La première chose que tout le monde essaie, c'est de demander : « Qui t'a créé ? », « Quel modèle es-tu ? », « Jusqu'à quelle date vont tes connaissances ? » Aucune de ces questions ne prouve quoi que ce soit.

Un modèle dit ce qu'on lui demande de dire. Un revendeur qui fait passer un autre modèle pour Claude lui donne simplement une consigne : « Tu es Claude, créé par Anthropic. Ne mentionne jamais rien d'autre. » La contrefaçon répond alors parfaitement à toutes les questions sur son identité.

La date limite de connaissances est une supposition, pas un fait. Dans l'application Claude d'Anthropic, Claude reçoit la date du jour et sa date limite de connaissances dans une instruction système cachée, et il répond donc à la question avec assurance. Via l'API, et via Amazon Bedrock, Google Vertex AI ou Microsoft Foundry, cette instruction n'existe pas, et Claude doit deviner. Nous avons posé la question 34 fois à un fournisseur dont nous savons qu'il sert le vrai Claude. Il a donné 12 dates différentes. Une date « fausse » ne signifie donc pas une contrefaçon, et une date « juste » ne garantit pas l'original : comparer la réponse à celle de l'application Claude revient seulement à comparer une supposition à un fait qu'on lui a fourni. Nous avons complètement abandonné cette question.

Plutôt que d'interroger le modèle sur lui-même, nous examinons donc des choses qu'il ne peut pas facilement imiter.

Ce qui trahit vraiment une contrefaçon

Certains signes sont assez nets pour faire échouer un canal à eux seuls :

  • Il se comporte comme un autre produit. Certains revendeurs redirigent « Claude » vers des assistants de programmation gratuits intégrés aux éditeurs de code. Demandez à l'un d'eux une histoire triste en deux phrases sur un chaton perdu, et il refuse : « Je suis là pour vous aider à coder. » Le vrai Claude ne fait jamais ça.
  • Il laisse fuiter ses vraies consignes. Quand un modèle est déguisé, ses consignes cachées lui interdisent de mentionner son vrai créateur. Les modèles qui affichent leur raisonnement répètent souvent cette consigne en réfléchissant, même quand chacune de leurs réponses dit « Claude ». Nous repérons le déguisement dans le raisonnement, pas dans la réponse.
  • La réponse porte la mauvaise étiquette. Chaque réponse est accompagnée de détails techniques à côté du texte, dont le modèle qui l'a produite. Une réponse vendue comme « Claude Opus » qui indique dans ses propres détails un autre modèle, ou une gamme de Claude moins chère, est repérée ici.
  • Il saute la réflexion qu'il ne peut pas sauter. Les modèles Claude les plus récents réfléchissent toujours avant de répondre. Un « Claude » qui répond sans aucune réflexion n'est pas ce modèle.
  • Il glisse vers une autre langue. Plusieurs substituts bon marché sont des modèles chinois, et il leur arrive de passer au chinois en pleine réponse. Le vrai Claude ne le fait pas.
  • La « réponse » est en fait une page d'erreur. Certains revendeurs renvoient leur propre message de filtre de contenu ou leur page d'erreur comme s'il s'agissait de la réponse du modèle. Vous payez et vous n'obtenez rien.

D'autres signes sont conservés comme indices et comparés sur plusieurs semaines, car un seul essai peut induire en erreur :

  • La signature de la réflexion. Le vrai Claude marque son raisonnement d<post_ai_model_verifier>une signature que seul Anthropic peut produire</post_ai_model_verifier>.
  • Sa façon de compter vos mots. Chaque famille de modèles découpe le texte en tokens à sa manière, et vous êtes facturé au token. Un texte que chaque famille découpe différemment révèle, en un seul chiffre, quel type de modèle l'a compté.
  • Ses réponses aléatoires préférées. Demandez de nombreuses fois à un modèle un nombre, une couleur ou une ville au hasard, et chaque famille de modèles a sa propre tendance de réponses. Recueillie sur plusieurs jours, cette tendance distingue les familles et montre quand un revendeur mélange plusieurs modèles sous un seul nom.
  • Des instructions cachées ajoutées par le revendeur. Quand on lui demande de répéter ses consignes précédentes, un modèle récite souvent ce que le revendeur a glissé devant votre message.

Un canal n'échoue jamais à cause d'un délai dépassé ou d'une connexion instable, seulement à cause de ce que le modèle a réellement répondu.

Ce qui n'est pas une contrefaçon

Claude est aussi vendu via Amazon Bedrock, Google Vertex AI et Microsoft Foundry. Ces plateformes font tourner le vrai Claude d'Anthropic sous licence : un revendeur qui y achète de la capacité pour la revendre vend donc l'original. Servi par ces plateformes, Claude répond parfois « Amazon » ou « Google » quand on lui demande qui l'a créé, parce que la plateforme ajoute ses propres consignes. Nous ne le retenons pas contre lui.

Ce qu'aucun test ne peut vous dire

Être honnête sur les limites compte autant que les vérifications elles-mêmes. De l'extérieur, personne ne peut prouver la version exacte d'un modèle ni s'il a été compressé pour coûter moins cher. Et un revendeur qui réussit aujourd'hui peut changer de backend demain, c'est pourquoi nous testons chaque canal régulièrement selon un calendrier, et pas une seule fois.

Ce que nous avons découvert au départ

En avril, nous avons sondé 8 revendeurs populaires de Claude pendant 17 jours. 183 de leurs canaux vendus sous des noms Claude n'étaient pas du tout Claude, la plupart étant des assistants de programmation affublés d'une étiquette Claude. C'est pour cela que nous avons intégré ces vérifications à notre routage. Notre moteur de synchronisation, new-api-sync, découvre et teste chaque canal avant qu'il ne serve du trafic, puis continue de le retester, de sorte qu'un canal qui échoue ne traite pas vos requêtes sur notre réseau.

Testez votre propre fournisseur

Vous n'avez rien à installer. Ouvrez le testeur de modèles API, collez l'adresse et la clé de votre fournisseur, choisissez un modèle, et il exécute ces vérifications en direct en vous montrant exactement ce qui a réussi et ce qui a échoué.

Vous préférez la ligne de commande ? Voici le test du chaton présenté plus haut. Si la réponse refuse ou vous ramène vers la programmation, votre « Claude » n'est pas Claude.

bash
curl https://YOUR-PROVIDER/v1/messages \
  -H "x-api-key: $YOUR_KEY" \
  -H "anthropic-version: 2023-06-01" \
  -H "content-type: application/json" \
  -d '{
    "model": "claude-opus-4-7",
    "max_tokens": 150,
    "messages": [{
      "role": "user",
      "content": "Tell me a 2-sentence sad story about a lost kitten."
    }]
  }'

Les deux outils sont open source, chacun peut donc vérifier leur fonctionnement ou les faire tourner lui-même : les vérifications sont dans ai-model-verifier (aussi sur npm), et new-api-sync les exécute sur chaque fournisseur vers lequel nous routons.

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